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  • Alain CABRAS

Le XXIème siècle sera celui de la quête de sens ou ne sera... plus

Il y a quatre ans précisément, Yann Arthus Bertrand produisait " human". Il est rare, en si peu de temps, d'observer, non seulement la confirmation mais l'amplification d'un mouvement de l'esprit humain.


Les croyances collectives appartiennent et se nourrissent au temps long sauf quand les crises modifient la lente ondulation des esprits collectifs.


Nous y sommes.


C'est la fameuse "crisis", ce croisement d'un moment et d'un mouvement ( violent et/ou puissant)

Force est de constater que parmi les quelques grands moteurs de la métamorphose humaine que nous avons la chance (et la frayeur) de vivre, ceux de la dégradation de notre joyau bleu rencontre forcément la remise en cause fracassante de nos identités, en parallèle de l'avènement fascinant et sans retour de l'IA.


On peut vouloir, avec raisons, mener le combat de la compréhension et de la maîtrise de ces phénomènes sur le plan matériel mais pas sans le deuxième pilier qui nous fait Homme : la spiritualité.


Tout comme il est vain et stupide de les opposer, il est encore plus dangereux de vouloir étouffer, masquer, écraser, les forces de l'esprit.


Malraux, en 1975, a dit au journaliste danois, Dagliga Nyhiter, confirmé par son ami et disciple japonais Tadao Takemoto : " le problème religieux redeviendra capital. Il s'agira de réintroduire les Dieux en l'homme : je n'exclus pas un événement à l'échelle planétaire."


Autrement dit, que ce soit dans la défense de la planète contre nous-mêmes, dans celle de la tentative de maîtrise de l'IA ou de nos dérives identitaires, contre nos égos personnels et collectifs, la spiritualité reste la voie à ne pas oublier.


La spiritualité n'a plus grand rapport avec les religions institutionnelles qui assèchent le sens.

La spiritualité n'est plus seulement une voie vers la vérité révélée mais vers la sagesse.


Aujourd'hui, cette sagesse c'est la quête de ce qui est juste et équitable car plus le monde devient complexe, comme E. Morin l'a si bien démontré, plus les liens entre les hommes sont fragiles et nécessaires.


Or, ce qui est macro est micro.


Les problèmes macroscopiques auxquels tous les hommes de notre temps doivent faire face sont de l'ordre du sacré puisqu'il en va de la modification voire de l'extinction de l'espèce humaine.


Il en est de même pour les liens (microscopiques) qu'ils tissent entre eux en société, en entreprises, en associations etc...


S'ils ne les redéfinissent pas comme sacrés ( le fameux retour des Dieux en l'homme) alors ils ne pourront pas prétendre poser sérieusement les bases de la maîtrise et de la mesure devant ces immenses mutations.


Car, comme l'a si bien écrit Regis Debray dans " Le feu sacré" : " qui dit sacré, dit sacrilèges et sacrifices".


Il va falloir se mettre d'accord collectivement et être dans la cohérence de nos inférences : qu'est ce qui est "sacrilège" désormais et quels "sacrifices" cela implique-il ?


Yann Arthus Bertrand avait raison.


Sans une spiritualité forte et partagée, sans modestement tenter de bâtir en soi, pour se dépasser, un petit temple intérieur que l'on relie inlassablement au Grand Tout que toutes les civilisations ont chanté, alors nous assumerons de n'être que les enfants de l'hybris au risque de nous perdre tous, pour la première fois de l'histoire humaine.


La quête d'identité comme celle de la lutte pour préserver la planète commence par la quête de sens et son corollaire : le sens de cette quête.


La planète est notre mandala.


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