• Alain CABRAS

Mais où est passée la cohésion ?


C'est la grande absente de tous les discours des candidats du premier tour de cette présidentielle 2022 !


On a bien entendu partout le mot de rassemblement, le moyen, mais pas celui de cohésion, la finalité. C’est troublant à la longue cette incapacité (ce refus ?) de parler de la finalité, pour ne s’arc-bouter que sur les moyens... à l’aveugle.


Le mot de rassemblement a donc été martelé par les représentants des trois blocs qui constituent désormais la vie politique française.

Trois blocs et des poussières, beaucoup de poussières, tellement de poussières qu’aucun de leurs représentants ne peuvent dégager une vision claire et cohérente pour répondre aux deux questions d'importance : qu’est-ce que c’est qu’être Français et vouloir être Français ? Que doit être la France ?


Au XVIIIème et XIXème siècles, c’était être les héritiers de la Révolution et apporter les Lumières au monde entier. Au XXème siècle, c’était la France phare des Droits de l ’Homme dans un esprit de puissance. Au XXIème siècle, cette voie se cherche et pour la trouver, nous avons trois leaders de blocs qui invoquent le rassemblement comme condition unique de la cohésion. Or cela ne peut suffire.


Pour qu’il y ait cohésion, il faut au moins trois ingrédients :


- S’entendre sur une « marque convenue », c’est-à-dire, se retrouver autour d’un symbole clair qui est censé nous représenter. Quel est celui censé nous représenter aujourd’hui et sur lequel il y aurait cohérence des inférences ? Marianne, le drapeau tricolore, le drapeau à douze étoiles, Airbus, la French touch et tech, la marche des libertés ? Quelle marque porte et laisse la France dans son sillage ?


- « Mettre ensemble », c’est-à-dire, rassembler toutes les parties devenant solidaires, or personne n’est capable de "mettre ensemble" aujourd’hui. Tous appellent au rassemblement bêlant, grégaire, quantitatif alors qu’il faut "mettre ensemble" de manière qualitative pour créer du lien et œuvrer grâce à la notion de cause commune ;


- « Se jeter avec », se projeter, se balancer avec une prise de risque énorme, comme le petit enfant faisant son premier pas. La cohésion est une force de projection qui limite le risque. Sans elle, pas de jet vers le futur.


Pour l’instant ces trois éléments ne sont pas au rendez-vous de l’élection. Ni cohésion, ni cohérence mais un risque sévère de co-errance dans une période de l’Histoire où les fléaux et les incertitudes se multiplient.


Restent quelques jours pour renouer avec la définition du mot : « cohésion ».


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