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Aller vers la (r)évolution anthropologique de l’IA sur les traces d’Homère, des Dieux et de Saint-Jean de Patmos

  • Photo du rédacteur: Alain Cabras
    Alain Cabras
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Jour 1 — Etre à bord du #Boréal du PONANT, pour animer trois conférences sur le sacré, la musique et la finitude humaine, à l’invitation du Festival de Pâques d'Aix-en-Provence et de son éminent directeur Dominique Bluzet, est un privilège immense.


D’Athènes à Athènes, en passant par Patmos, Delos, Milos et tout cet archipel de Lumières me ramène à mon « Méditerranée les rives de l’espoir », paru il y a dix ans, où je me demandais ce qui restait d’ancré et de fondements dans nos sociétés modernisées, de ces 4000 ans d’histoire de #MareNostrum.


Avec ces quatre « berceaux » qui bâtirent l’#Occident, de #Jérusalem à #Athènes, de #Rome à #Cordoue, quel lieu plus matriciel que cette mer Egée pour interroger les effets des grandes évolutions anthropologiques ?


D'où mon envie d'y lier mon dernier sujet de conférences qu’est « l’IA & Sapiens : quels effets a l’« intelligence » artificielle sur les fondamentaux humains ? ».


En ce début d’été, sur les traces d’Homère, des Dieux et de Saint-Jean de Patmos je pense que plus nous allons vers cette (r)évolution anthropologique inédite et irréversible qu’est l’IA ( pour la première fois, déléguer notre faculté de penser) plus les leçons de la Grèce antique sont d’avenir.


 A Athènes Clisthène (508-507 av. J.-C.) puis Périclès (461-429) créent les conditions de la démocratie, son anima.

Ils instaurent cette pensée de « souveraineté » humaine qui est que l’intelligence n’est pas seulement calculer mais que c’est aussi de délibérer ( dé – libérer) et participer.


Athènes nous lègue l’idée qu’être humain, pleinement humain, c’est entrer dans la parole publique et faire-ensemble.


A un nouveau moment tragique de l’histoire de la France, nous ne faut-il pas « revenir » aux fondamentaux antiques? Sinon quoi, la guerre civile ou la délégation à l’IA de tout « ça » et advienne que pourra ?


Sauf que l’IA ne porte ni mémoire blessée, ni courage civique, ni responsabilité politique.


À Athènes, devant les pierres et les colonnes des temples, je suis convaincu que si l’IA peut nous aider à savoir et décider plus vite, elle ne peut pas nous penser/panser.


Jacques Ellul, après Paul Valéry, nous l’avaient déjà expliqué : une civilisation ne tient pas par ses outils, mais par les lieux où elle transforme l’information en jugement et responsabilités communs.


L’esprit d’Athènes, c’est la cité où l’homme cesse de tout remettre aux dieux, au destin, au chef, à l’oracle. Il apprend à répondre de ses décisions.


À l’heure de l’IA, nous risquons de refaire exactement l’inverse : accuser “l’algorithme”, “la machine”, “le système”.


Il nous faut reprendre le chemin de l’Athènes antique où la responsabilité humaine ne se délègue pas.

Parce que la responsabilité c’est le courage.


Au large d’Athènes, relisons Homère :


« Ah ! combien les hommes accusent les Die

ux ! Ils disent que leurs maux viennent de nous, et, seuls, ils aggravent leur destinée par leur démence. »

Homère, #Odyssée, chant I




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