Jour 2 — #Patmos : l’#Apocalypse ou la puissance des #métarécits.
- Alain Cabras
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Ces quatre dernières décennies ont vu le croisement entre le processus hystérique ( accumulation de crises non résolues) et le processus historique ( les grands récits humains qui mutent) se percuter violemment et occulter le second.
Or, le processus historique s’est réveillé. La grand roue de l’Histoire s’est remise en branle aux sons fascinants du tragique.
Nous reprenons conscience que nos grands récits humains font de nous des #HomoNarrans (l'« homme qui raconte » selon Kurt Ranke & Walter Fisher) autant si ce n’est plus que de simples #HomoSapiens.
Arriver au large de Patmos puis fouler sa terre nous y ramène.
L’île est associée à Saint Jean, réputé y avoir écrit l’Apocalypse vers 95 apr. J.-C. ; le monastère de #SaintJean le Théologien, fondé en 1088, est devenu un grand lieu de pèlerinage et d’apprentissage orthodoxe.
Patmos rappelle que l’humain n’habite jamais seulement le réel : il habite aussi l’invisible, des visions, des annonces, des fins du monde, du surnaturel, de l’irréel, de l’intemporel et… des promesses de salut. L’Apocalypse n’est pas seulement catastrophe ; elle est #révélation et #renaissance. Elle dit que là où un monde vacille, les hommes cherchent un récit pour comprendre ce qui leur arrive.
Avec l’arrivée de l’IA dans notre processus historique, notre époque parle souvent d’Elle sur un mode apocalyptique : fin du travail (job apocalypse), fin de l’école, fin des grandes études, fin de l’auteur, fin du vrai, fin de l’humain.
Patmos peut nous permettre de distinguer deux choses et de nous panser : la peur de la fin et la révélation d’un commencement. L’IA révèle moins la disparition de l’homme que ses dépendances à ses récits, à ses autorités, à ses oracles (Delphes n’est pas loin).
Cette île nous murmure que les sociétés ne changent jamais seulement par les techniques, mais par les métarécits qu’elles se racontent sur leur propre finitude. Aujourd’hui, l’IA joue parfois le rôle d’une nouvelle Apocalypse : elle révèle nos peurs, nos croyances et notre besoin d’un sens.
L’IA révèle ce que nous avons oublié de l’homme : notre capacité à croire ensemble (#mythes), notre faculté à nous rassembler pour nous le rappeler (#rites) et notre capacité à nommer ce réel et cet irréel qui nous permettent de tisser des liens pour faire un « #Nous » (#doxa).
« Voici, je fais toutes choses nouvelles. »
— Apocalypse 21, 5 , Sainte #Bible.
Toute apocalypse est moins la fin du monde que l’obligation d’en penser un autre. Et donc de redéfinir la quintessence de ce qui nous fait #Homme.





Commentaires